L'esprit montagne est un concept difficile à circonscrire, tant il relève de l'expérience personnelle. Il désigne néanmoins un état d'esprit particulier : une forme d'humilité et de prise de conscience de sa place dans le monde. Être entouré de hauts sommets rappelle avec force que la présence humaine n'est qu'un détail à l'échelle de ces formations géologiques chargées d'histoire.

Cette humilité remet les choses en perspective. La montagne est à la fois un environnement dangereux et un milieu fragile. Dangereux, comme le rappellent régulièrement les accidents qui y surviennent. Fragile, face à une fréquentation en constante hausse ces dernières décennies. Pénétrer la montagne, c'est entrer dans un espace à préserver. La notion de respect n'est pas un idéal abstrait dans cette communauté, c'est une exigence concrète à appliquer à chaque sortie.

Un code de conduite implicite

Chaque pratiquant a ses raisons propres d'aller en montagne, sa discipline et son niveau. Pour que chacun puisse profiter pleinement de ces espaces, un code de bonne conduite tacite s'est imposé dans la communauté :

Ce cadre n'est pas une contrainte arbitraire. Les autres pratiquants constituent le premier filet de sécurité en cas d'accident, et la solidarité de la communauté repose sur ce respect mutuel.

L'entraide comme norme

L'éthique de la communauté montagne suppose que chacun accepte d'aider son prochain, dans la limite des risques qu'il est raisonnable d'encourir. Ne pas porter secours à un groupe en diffresse par souci de son propre programme est considéré comme une faute grave.

La protection de l'environnement

Chaque pratiquant est responsable de minimiser son impact sur le milieu qu'il traverse. Les principes de base — ramener ses déchets, ne pas altérer la végétation, ne pas déranger la faune — sont détaillés dans la page #101 - Protéger notre environnement.

La cohabitation en montagne est, comme partout, un exercice d'équilibre. Mais dans ces espaces sauvages et apaisés, loin de l'agitation urbaine, elle est souvent plus facile — à condition que chacun y contribue.