La montagne est accessible. Un sentier balisé, un équipement minimal et la pratique est possible. Mais connaître l'environnement dans lequel on évolue — ce qu'il est, ce qu'il représente, les impacts qu'on y exerce — est une condition pour le respecter et le préserver. Cette page propose quelques éclairages sur la géographie, la biodiversité et l'histoire de ce milieu.
Une montagne se définit par sa proéminence dans le paysage et son altitude. D'un point de vue géologique, c'est une formation rocheuse émergeant du sol de manière significative. Malgré cette définition simple, la diversité des massifs à l'échelle mondiale est considérable : les reliefs du Massif Central et ceux de l'Himalaya n'ont en commun que leur qualification de « montagne ».
Les montagnes couvrent environ un quart de la surface émergée du globe. Un quart de la population mondiale vit sur leurs pentes et hauts plateaux.
L'altitude est le moteur de la biodiversité montagnarde. Elle modifie les températures, l'humidité et la nature des sols sur des distances verticales très courtes. Une ascension peut ainsi traverser plusieurs écosystèmes distincts : forêts tropicales denses en basse altitude, landes alpines, roche et glace au sommet. Le Kilimandjaro en est un exemple emblématique.
Les vallées encaissées, isolées des altitudes inférieures par des chaînes de montagne, constituent des espaces de développement en vase clos. Faune et flore y évoluent séparément, favorisant l'émergence d'espèces endémiques. Les montagnes Virunga, à la frontière entre le Rwanda, la RDC et l'Ouganda, abritent ainsi les derniers gorilles de montagne de la planète.
La montagne influence directement la vie humaine bien au-delà de ses pentes.
L'eau : la quasi-totalité des grands cours d'eau prend sa source en altitude, où les pentes collectent neige et pluie. Plus de la moitié de la population mondiale dépend de cet approvisionnement. La Loire, par exemple, prend sa source sur les pentes du Mont Gerbier-de-Jonc en Ardèche.
L'alimentation : la pomme de terre et le maïs ont été domestiqués sur les hauts plateaux andins. Le blé aurait son origine sur les pentes du volcan Karaca Dağ en Turquie.
Les ressources minérales : les mouvements de la croûte terrestre à l'origine des reliefs ont également permis la concentration de minerais exploités aujourd'hui. Au Chili, le cuivre et le lithium sont extraits directement dans les Andes.
L'énergie : environ 20 % de la production électrique mondiale provient de l'hydroélectricité, générée par les torrents et rivières d'altitude.
Le tourisme de montagne connaît une croissance forte. Il représente un moteur économique pour des régions longtemps en retrait, tout en exerçant une pression croissante sur des écosystèmes fragiles. Érosion, artificialisation, pollution sonore et lumineuse, sur-fréquentation des sentiers : les impacts s'accumulent.
À cela s'ajoute le changement climatique. La fonte des glaciers et le dégel du permafrost modifient la stabilité des versants et augmentent les risques naturels : chutes de pierres, glissements de terrain, crues soudaines. Ces phénomènes sont documentés et en accélération.
Connaître ce milieu est le premier pas pour le défendre. Voir #101 - Protéger notre environnement.